Prétendre faire de la prévention en déconseillant le végétalisme est une démarche dangereuse pour la santé des personnes, parce que le rejet idéologique isole les populations concernées et ne transmet pas les informations de sécurité. La stigmatisation à laquelle se livre malheureusement AXA prévention (association) est irresponsable.

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Contrairement à ce qu’affirme la fiche AXA prévention, la vitamine B12 n’est pas d’origine animale. Faute de posséder les enzymes nécessaires, aucun membre du règne animal n’est en mesure de synthétiser la vitamine B12. Les bactéries constituent le point de départ de ce nutriment pour l’ensemble de la chaîne alimentaire. L’intégralité des compléments alimentaires disponibles sur le marché proviennent de la source originelle de la vitamine B12 : les bactéries. Rappelons, sans nous moquer, que les bactéries ne sont pas des animaux, et « qu’à l’exception de la vitamine B12, les alimentations végétales présentent une haute qualité nutritionnelle » (données françaises sur les véganes de la cohorte Nutrinet-Santé).

L’inutile massacre des animaux est ce qui motive l’écrasante majorité des véganes. Depuis la découverte de la vitamine B12 et la mise au point de ses moyens de culture bactérienne (12 décembre 1947), chaque personne est face à un cas de conscience sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Prétendre que « le régime végétalien doit être évité à tout prix chez les enfants, les femmes enceintes et celles qui allaitent, les personnes âgées ou malades » comme le fait AXA prévention constitue une fraude scientifique :

« Lorsque les pièges connus sont évités, la croissance et le développement des enfants véganes et végétariens paraît normale. » (Pr. Sanders)

« ces pièges peuvent être facilement évités, et les alimentations végétales permettent d’élever les enfants avec succès » (Pr. Sanders)

Précisons que l’auteur de ces études d’observation n’a aucun conflit d’intérêt. Il est professeur émérite au Collège Royal de Londres et n’est ni végane ni même végétarien (plus d’information). Au lieu de stigmatiser les populations qui ne souhaitent plus tuer ni exploiter des animaux pour vivre, Tom Sanders décrit les pièges à éviter, ce qui a pour effet de protéger les enfants véganes et leurs familles.

Tout le monde peut vivre sans massacrer les animaux, même les personnes âgées ou malades. Il serait préférable que l’association AXA prévention adopte une attitude de prévention responsable, plutôt que de propager des croyances irrationnelles telles que l’insuffisance protéique chez les personnes végétaliennes françaises (les cibles en acides aminés essentiels peuvent parfaitement être atteintes par les personnes qui font le choix d’une alimentation végétale). La Position de la Société végane francophone ne repose que sur les preuves reproductibles (science), le respect des personnes (déontologie) et la transmission des informations de sécurité (information). Notre topo sur la sécurité des enfants véganes suit, pour rappel.

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BÉBÉDOUZE

Combien de véganes rêveraient de n’avoir jamais mangé d’animaux, ni aucun de leurs fluides ? Des bébés chanceux ont le privilège d’avoir des parents véganes, qui construisent l’avenir d’un monde plus civilisé. Les alimentations végétales permettent d’avoir des enfants en bonne santé, à condition de respecter les recommandations qui suivent.

Les parents véganes ont raison de se poser des questions, en général. Les mamans qui veulent et qui peuvent allaiter sont désormais encouragées par les institutions, en raison des multiples bienfaits observés sur les mamans et sur les enfants.

Nous ne cherchons qu’à transmettre les pratiques qui protègent la santé, sans idéologie naturaliste. Par conséquent, lorsque l’allaitement est impossible ou non souhaité, les préparations de base et de suite Prémiriz 1er âge et 2e âge sont recommandées. Elles sont adaptées et véganes.

La diversification doit commencer à partir de 6 mois, parce que le lait maternel n’est plus assez riche en fer ni en zinc pour garantir des apports suffisants pour la croissance des nourrissons. Le consensus est général, qu’il s’agisse du PNNS français, de l’OMS, de l’EFSA ou de l’Institut de médecine américain, et même de LLL (La Leche League) :

« les recommandations, tant nationales qu’internationales, s’accordent à préconiser un allaitement exclusif pendant les six premiers mois et une introduction des solides à partir du milieu de la première année (à noter que ces recommandations sont en adéquation parfaite avec le ressenti des mères fondatrices de LLL qui, il y a cinquante ans, avaient observé que les enfants grandissent parfaitement avec une diversification alimentaire repoussée à ce moment-là).
[…]
les données récentes montrent que les premiers facteurs limitants (c’est-à-dire en quantité devenant insuffisante pour couvrir les besoins de l’enfant) du lait maternel sont le fer et le zinc.

Ces deux éléments sont présents dans la viande et le poisson. Or la faible charge osmolaire du lait maternel permet l’introduction de protéines d’origine animale dès 6 mois sans surcharger les reins fragiles des enfants de cet âge. Et pour ce qui est du risque allergique, les Sociétés de pédiatrie indiquent : « L’introduction de l’œuf et du poisson peut débuter après 6 mois » » (site LLL).

Pour commencer, remarquons que ce texte n’est absolulent pas à destination des véganes. LLL a raison concernant les besoins en fer et en zinc, qui sont aisément comblés par la consommation de faibles quantités de chairs animales, parce qu’elles contiennent ces nutriments sous des formes hautement assimilables. Nous ne les recommandons évidemment pas pour des raisons éthiques, car il n’est pas nécessaire de tuer des animaux pour nourrir les bébés. Ces mêmes nutriments peuvent être obtenus avec une alimentation végane.

Les bébés véganes consomment des sources végétales abondantes de fer et de zinc, mais qui sont nettement moins biodisponibles. La diversification doit bien intervenir à partir de 6 mois, pour que les besoins en fer et en zinc soient satisfaits. Il peut falloir insister pour que le bébé mange suffisamment de végétaux riches en fer et en zinc, afin de compenser cette plus faible biodisponibilité.

La nouvelle mode de la DME (diversification menée par l’enfant) n’est donc pas une bonne idée pour les enfants véganes, pas à moins que le bébé ne mange bien (en quantité), ce qui demande une coordination que tous les petits ne possèdent pas forcément à 6 mois (savoir se tenir assis parfaitement, se concentrer et prendre les objets). Les variations d’acquisition plus ou moins rapides sont importantes selon les bébés. Soulignons qu’aucune culture n’a pratiqué la DME par le passé, mais plutôt le prémâchage des aliments solides par les parents avant de les donner aux bébés. L’introduction des aliments solides n’est donc pas une simple phase de découverte pour les bébés véganes, mais une étape nutritionnelle cruciale. C’est une spécificité végane, mal connue de LLL. Certaines militantes de l’allaitement (selon nos retours de mamans véganes) prétendraient que le lait maternel pourrait pleinement suffire au-delà de 6 mois, contrairement à l’avis officiel de leurs organisations. Il n’en est rien.

Des parents disent n’avoir rencontré aucun problème malgré une certaine imprudence, et nous ne pouvons que nous en féliciter si c’est vrai (les petits retards ne sont pas toujours identifiés avec précision). Ces témoignages anecdotiques ne doivent toutefois encourager personne à prendre les mêmes risques, bien au contraire, car les problèmes qui nous ont été rapportés concernaient précisément les bébés allaités sans diversification ou sans diversification suffisante.

Une bonne insistance à la diversification a permis à des parents véganes de rétablir des courbes de croissance qui commençaient à présenter des débuts de cassure, mais mieux vaut prévenir, car ces situations sont extrêmement stressantes pour les parents, et potentiellement dangereuses pour les bébés. De même, la complémentation en B12 concomitante a remis plus d’un bébé végane sur pied, comme en témoignent la littérature médicale ainsi que nos observations.

Il est difficile d’identifier des séquelles après résorption de carence dans la plupart des cas, mais cela peut tout aussi bien tenir à la valeur subjective de l’appréciation de l’état d’un système nerveux dont les examens ne permettent pas de tirer des conclusions purement objectives, au sens scientifique du terme. Des cas plus graves ont été rapportés très tôt, puisqu’une étude menée sur les enfants véganes de parents pionniers qui n’utilisaient pas les compléments par idéologie ou par ignorance avait clairement observé des « changements du système nerveux » dès les années 60, expression pudique qui désignait des séquelles graves (anomalies congénitales, atrophie cérébrale, etc.). C’est d’autant plus triste que la solution (efficace à tous les coups) existe depuis 1948, date de la découverte de la B12, seul nutriment d’origine bactérienne dont les besoins ne peuvent être satisfaits par les alimentations végétales, pas à moins de consommer des produits enrichis ou des compléments.

Le lait des mères carencées en B12 n’est pas adéquat, et chez les mères dont les apports sont satisfaisants, le lait maternel n’est peut-être déjà plus une source optimale de B12 à partir de 4 mois (http://ajcn.nutrition.org/content/98/2/389). Les réserves constatées à la naissance compensent quelque temps, à condition que la maman ait eu des apports adéquats avant et pendant la gestation. Notre recommandation est donc de complémenter le bébé dès le début de la diversification, qui doit intervenir à partir du 6e mois. C’est en continuité avec les recommandations que nous avons réclamées et obtenues du PNNS.

Les apports en B12 peuvent s’avérer insuffisants malgré l’allaitement pour plusieurs raisons, à commencer par l’absence totale de B12 dans les aliments végétaux, et la place que la diversification prend nécessairement sur la quantité de lait maternel consommée. De plus, la tétée est non mesurable, tandis que la concentration dans le lait maternel dépend étroitement des apports des mamans véganes. Les risques d’une insuffisance en B12 sont parfaitement documentés. La complémentation ne présente pas la moindre toxicité. Le prix des compléments est faible. Tous les éléments concernant l’évaluation du risque convergent pour recommander la complémentation des bébés.

Aujourd’hui, les enfants véganes n’ont plus aucune raison d’être carencés en B12. Il y a des cas d’atrophie cérébrale malheureusement récents, des décès presque chaque année, des établissements de soins qui se plaignent des parents véganes, et personne ne peut vraiment leur reprocher de se plaindre. Les pires drames individuels (pourtant évitables à 100 %) se reportent sur le collectif et impactent la cause animale tout à la fois. Cette chaîne de victimes opère comme un domino cascade, que seules l’ignorance et l’obstination déclenchent. Les associations et institutions qui ne diffusent pas les informations de sécurité nécessaires ont une part de responsabilité significative.

Nous recommandons donc ce qui est prudent, ce qui fonctionne à coup sûr pour la sécurité de toutes les personnes qui végétalisent leur alimentation et celle de leurs enfants. Le véganisme n’est pas un terrain d’expérimentations. Il est désormais suffisamment bien documenté pour que les pièges soient évités.

De nombreuses questions sont posées au sujet des enfants qui mangent des chairs animales deux fois par semaine et un bout de fromage à la cantine ou chez un parent séparé (dont les convictions ne sont pas toujours véganes).

Cette consommation de chairs et de fluides animaux ne protège pas les adultes de la carence en B12 ni les enfants. Nous en avons l’expérience, les témoignages abondent, et nous savons exactement pourquoi. En raison des phénomènes d’absorption, et surtout du plafonnement de l’absorption active, la plus faible fréquence de consommation des produits animaux réduit bien davantage la possibilité de garantir les apports que la seule quantité de produit ingéré. La complémentation est bien la seule recommandation qui protège. Cela permet également de sécuriser tout passage au véganisme, le cas échéant. À toutes fins utiles, rappelons le post dédié à la B12 dans le végétarisme.

Le véganisme est adapté pour les enfants, à condition d’éviter les pièges :
B12 ;
Iode ;
Vitamine D ;
• Donner une alimentation riche en énergie et digeste, sans oublier les matières grasses quotidiennement (même si l’enfant continue d’être allaité), car les enfants ont de petits estomacs, et leurs besoins en énergie sont proportionnellement plus importants.

Les meilleures recommandations institutionnelles mondiales donnent d’autres conseils avisés pour équilibrer son alimentation végétale, avec une section grossesse, allaitement et enfants.

RAPPEL 1
Tous les véganes doivent se complémenter en choisissant de consommer :
• soit 1 microgramme trois fois par jour ;
• soit 10 microgrammes une fois par jour ;
• soit 2000 microgrammes une fois par semaine ;
• soit 5000 microgrammes une fois toutes les deux semaines.

Chacune de ces solutions offre exactement la même garantie de satisfaire les besoins quotidiens des adultes. Diviser par quatre pour les nourrissons à partir de la diversification (6 mois) jusqu’à 24 mois. Diviser par deux seulement pour les enfants de 2 à 12 ans. Ensuite, les doses sont les mêmes que celles des adultes. Attention à réduire les comprimés en poudre, pour éviter que les enfants ne s’étouffent en avalant de travers.

Les recommandations ci-dessus ne concernent que la cyanocobalamine. La vitamine B12 ne possède strictement aucune toxicité, sa forme la moins chère (cyanocobalamine) est plus stable et beaucoup mieux étudiée. Faute d’une littérature suffisante et en raison de plusieurs retours négatifs concernant quelques adultes, nous recommandons par précaution de ne pas utiliser les autres formes de B12 pour les bébés, quoi qu’en disent les marchands.

RAPPEL 2
La tenue soigneuse des courbes de croissances reste un indicateur précieux pour effectuer le suivi nécessaire. L’avis régulier des personnes professionnelles de la santé n’est pas encore assorti de conseils nutritionnels adaptés aux alimentations végétales, pas en France, mais il permet de garantir une meilleure protection des bébés, car ces métiers sont rompus à l’identification des éventuels écueils communs à tous les bébés, quelles que soient leurs alimentations.

ADDENDUM
Tom Sanders, professeur émérite à l’Université de Londres (King’s College) n’est ni végane ni végétarien, et ne peut donc pas être suspecté de faire du prosélytisme végane. Il a publié plusieurs papiers sur les enfants véganes, qui soutiennent intégralement notre retour d’expérience et donc aussi la position exposée ci-dessus (Vegetarian diets and children 1994, Vegetarian diets and children 1995).