« Le fléau de l’orthorexie ou du manger « sain » de manière trop orthodoxe » (Le Point, 26/07/2017).

Sous ce titre accrocheur, l’article évoque la définition du Petit Larousse pour expliquer ce qu’est l’orthorexie. La vérification de la définition du terme véganisme, si elle avait été effectuée dans ce même Petit Larousse, aurait évité de le présenter comme un « régime alimentaire » destiné à « garantir un équilibre alimentaire sain » :

« Mode de vie alliant une alimentation exclusive par les végétaux (végétalisme) et le refus de consommer tout produit (vêtements, chaussures, cosmétiques, etc.) issu des animaux ou de leur exploitation. » (Le Petit Larousse)

Il y a des choses passionnantes dans ce dictionnaire, comme la description du métier de journaliste, qui consisterait à vérifier les informations diffusées. C’est une bonne idée !

La consomm’action végane ne prémunit certes pas contre l’orthorexie, pas plus que n’importe quelle autre consommation. La Société végane francophone n’a jamais prétendu que les véganes vivaient plus longtemps. Par contre, il est permis de douter que de brocarder les troubles du comportement alimentaire dans la presse augmente les chances de rémission des personnes qui les vivent au quotidien.

Jamais deux sans trois ! Les erreurs s’amoncellent dans l’article, au point qu’une fraude scientifique s’est glissée au sujet de la vitamine B12 :

« Obtenu par extraction animale, cet élément sert essentiellement à la fabrication des globules rouges. C’est cette même vitamine dont manquait une patiente de Sophie Ortega, médecin nutritionniste à Paris : « Elle commençait à devenir aveugle par carence de B12 », « Vegan pure et dure », cette patiente refuse d’en avaler. « C’était comme si elle préférait perdre la vue » que « de trahir son engagement envers les animaux », s’inquiète son médecin. »

Il serait aussi faux que dangereux de faire croire à tort à une personne végane que la vitamine B12 dont elle a besoin pour vivre provient des animaux. Quand on ne respecte pas la liberté de conscience des patientes et patients, en dépit du code de déontologie (Article 7, R. 4127-7 du CSP), il ne faut pas s’étonner du résultat.

Aucun complément de vitamine B12, même les spécialités pharmaceutiques, n’est extrait des produits d’origine animale. La B12 des compléments est produite exclusivement par culture bactérienne.

Le document de référence, publié par la communauté scientifique végane internationale, et endossé par l’ensemble des organisations véganes majeures dans le monde, s’intitule « Ce que tout végane doit savoir sur la vitamine B12 ». Toutes les personnes véganes doivent se complémenter en choisissant de consommer :

  • soit 1 microgramme trois fois par jour ;
  • soit 10 microgrammes une fois par jour ;
  • soit 2000 microgrammes une fois par semaine ;
  • soit 5000 microgrammes une fois toutes les deux semaines.

Chacune de ces solutions offre exactement la même garantie de satisfaire les besoins quotidiens des adultes. Diviser par quatre pour les nourrissons à partir de la diversification (6 mois) jusqu’à 24 mois. Diviser par deux seulement pour les enfants de 2 à 12 ans. Ensuite, les doses sont les mêmes que celles des adultes. Attention à réduire les comprimés en poudre, pour éviter que les enfants ne s’étouffent en avalant de travers.

Tous les métiers sont difficiles, ceux du journalisme comme ceux des professions de santé. N’hésitez donc pas à rejoindre le groupe d’information Facebook intitulé Vive la B12 ! si vous souhaitez en savoir davantage sur le véganisme, et à consulter la Société végane francophone, à défaut de compulser le dictionnaire… L’AFP désinforme par ignorance, cela peut arriver, mais Le Point, Midi Libre, Sud Ouest, L’Obs, etc., répètent les mêmes erreurs sans aucune vérification, au risque d’écarter les personnes qui font le choix d’une alimentation végétale de la vitamine qui protège leur santé.